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Sur la page “diagnostic” de mon blog, j’y avais écrit ce qui suit :
“Août 2008, à 37 ans je vis l’horreur de ma vie : J’ai un cancer !”.
Mon cancer, je l’ai toujours !
Mais depuis deux bonnes semaines : J’ai aussi 40 ans !
Je rassure les bons lecteurs que vous êtes, je n’en fais pas une maladie… Enfin façon de parler !
Le seul truc qui bouleverse quelque peu, c’est l’annonce de mon âge.
Je m’explique : Quelques jours après ma fabuleuse fête d’anniversaire, j’ai complété un formulaire administratif. Sous la rubrique nom, prénom, adresse, figurait la case “âge”.
Beurk, j’ai dû écrire 40 ans. Premier choc !
Là, je me suis rendu compte que quelque chose changeait radicalement. Lorsque je parlais de mon âge, et que je me situais dans la vingtaine ou la trentaine, cela restait raisonnable mais une fois la décennie supérieure, j’entre, aux yeux des plus jeunes, dans une sorte de nouvelle catégorie.
Drôle !
Du gars qui n’est pas encore trop âgé, je fais mon entrée dans la peau du mec qui doit faire un maximum pour rester jeune et ne pas trop paraître son âge, histoire que l’on puisse dire : “Il a déjà 40 ans, tsé ?!”
Bon, je vais y travailler un max !
L’âge c’est dans la tête. Ouais, OK.
Je garde quand même l’esprit alerte par rapport aux signes avant-coureurs d’avancée de l’âge. Je chasse les petits tocs que je constatais chez des congénères plus âgés (et qui avaient tendance à me faire sourire).
Conduire trop lentement en voiture.
Répéter plusieurs fois la même chose.
Trop souvent préférer les infos à la radio plutôt que la musique qui dégomme de grand matin.
Etre trop organisé, et détester chambouler mes habitudes.
…
Mais je me suis quand même surpris ces derniers temps à des signes que je qualifieraient… d’inquiétants.
Et oui, par exemple, je commence à garder les barquettes en plastique du rayon boucherie du supermarché.
Je sais, ce n’est pas bien grave, mais ce qui me trouble c’est que j’y trouve un réel côté pratique à ces faux Tupperware. Facile pour y stocker les restes de spaghetti ou un fond de potage.
Manque plus qu’à conserver les bacs en plastique de crème glacée et les petits pots en tous genres pour stocker vis, clous ou autres petits objets qui traînent dans la cave.
Brrrr, là je m’effraie !
Peu habitué à organiser des fêtes me mettant à l’honneur, j’avais ouvert les yeux un matin de cette fin d’été avec cette évidence à l’esprit :
“40 ans, faut que je fasse un truc !”
Comme souvent, les craintes relatives à mes ambitions ne manquaient pas. Je me suis vite avisé de les balayer : envoi d’un e-mail à mes invités, réservation d’une salle, réalisation du flyer… Restait plus qu’à être en forme le jour J.
Bonne musique, éclairage dernier cri, manges-debout, pas de chaise (eh oui, on est entre jeunes) et une foule de personnes qu’il me tenait à coeur d’avoir à mes côtés.
Emu de rencontrer tout ce monde, la fiesta est passée trop vite et mes 40 ans garderont le souvenir d’une super soirée.
Niveau état de santé, cette semaine n’était pas géniale. Fatigue intense, chute de tension, douleurs, mauvaise digestion…
J’ai tenté de rester actif, de bosser, de profiter de la famille en ces congés de Toussaint.
Je me suis gavé d’anti-douleurs et cela ne me dope pas le moral. Vivre sous médocs avec maux de têtes, dans une sorte d’état second, sans digérer autre chose qu’un bol de soupe, rien de bon pour moi!
Je suis soucieux car mes traitements de chimiothérapie sont suspendus depuis fin juillet et mon état physique me tracasse à l’approche de mes bilans médicaux, dans deux semaines.
Mon corps peut-il avoir été à ce point maltraité par les périodes de chimios?!
Ces baisses de forme influent énormément sur mon moral. Je reste inerte à la maison, je broie du noir, un réel cercle vicieux.
Je tente bien d’inverser le mécanisme, me disant que si mon physique peut déteriorer mon état psychique, l’inverse pourrait également se réaliser.
Exercice ô combien compliqué !
Je crois l’écrire régulièrement mais c’est usant de profiter d’un esprit débordant d’énergie et d’avoir le corps qui ne peut pas suivre.
Dans les moments d’agacement, je vois des images à la télé et je songe :
“Si seulement je n’étais pas malade. Je pourrais organiser un trip dans le Montana, aller faire du VTT à Ténérife ou au Maroc, partir faire du sport en Egypte, programmer un grand voyage en famille…”
Programmer ! Voilà ce qui devient compliqué.
Il y a toujours au fond de moi, cette petite voix craintive qui aime me rappeler que je reste dépendant de mon état physique et des prescriptions médicales.
Mon quotidien reste constamment suspendu à la possibilité d’un nouveau traitement pénible.
Je pourrais vivre dans la peur, dans l’attente du futur incertain, terré à la maison, évitant refroidissements et microbes en tous genres, misant sur une éventuelle amélioration de mon état.
Je profite plutôt de ma vie en tentant de trouver l’équilibre idéal entre mes nouvelles exigences de qualité de vie et mes besoins démesurés de bonheur et de projets.
Parfois, c’est clair, il me faut un petit coup de pouce. Alors quand pour mes 40 ans, mon cadeau s’est transformé en futur voyage à New York…
Waouw, gène, sourires, émotion !
Pour mieux vous faire comprendre, cette surprise ce n’est pas uniquement prendre un avion et profiter de cette ville que j’aime.
C’est avant tout un nouveau projet qui me tient dans le temps, des odeurs qui s’éveillent déjà à mon esprit, des ambiances qui taquinent mon impatience, l’appel d’un prochain Dr Pepper et surtout… Des centaines de fois à y penser et à imaginer le jour du départ!
Rêver, ça c’est le luxe de la vie.
Ce soir, encore un peu abattu de cette semaine accablante, pour trouver un sommeil paisible je m’expatrierai à SoHo devant un bon burger.
Ben ouais, ras-le-bol du potage !!
Les jours passent vite et ma deuxième cure de 14 jours de chimiothérapie touche déjà à sa fin.
Il me reste cependant à traverser les cinq derniers jours, les plus complexes. Dès demain, en effet, j’entame les deux substances en même temps, le Temodal s’ajoutera aux Xeloda quotidiens (nouveau traitement).
Lors des derniers jours de la première quinzaine, j’avais réellement surestimé ma résistance et négligé de prendre mes médicaments dits de ‘prévention’ (Litican et Novaban). Je me sentais en forme et à peine une heure après l’ingestion des substances, j’étais plié en deux dans la salle de bains, envahi de spasmes et de vomissements.
Je serai plus prudent demain, surtout que cette deuxième cure m’atteint déjà un peu plus. Les nausées sont plus fréquentes et la fatigue a fait son apparition.
Rien à voir avec les premiers six mois de chimio (streptozotocine), mes effets secondaires actuels restent gérables. Et puis finalement, je m’habitue à vivre avec des nausées quotidiennes.
Par contre, j’appréhende toujours l’épuisement physique, je le crains car je sais qu’il influe immédiatement sur mon moral.
Lundi, j’ai à nouveau été confronté à cet abattement soudain.
En fin de journée, après quelques courses, brusquement, plus de jus !
Incapable de reprendre la voiture, un coup de barre terrible, les jambes coupées, le corps lourd.
J’ai horreur de ces moments où je me sens extrêmement diminué et ébranlé par le traitement. Pour être clair, lorsque le traitement me remue les tripes et me fait vomir, j’ai l’impression de combattre et faire sortir cette maladie de mon corps. Mais quand cette fatigue me submerge, je subis, je n’ai pas le sentiment d’avoir le dessus…
Cependant, lundi soir, vers 20 heures et après un bon repos, je suis ressorti faire un tour à vélo. Un petit dix kilomètres improvisé et relax, histoire de m’aérer l’esprit et de ne pas finir la journée sur cette note de fatigue.
Dans la soirée, je me suis replongé dans mes écrits du mois de janvier. En pleine chimiothérapie, la fatigue m’abattait tellement que je ne pouvais plus quitter le fauteuil ou trouver la force de monter les escaliers. J’étais moralement hors service.
Finalement, je m’en sors pas mal pour l’instant.
J’espère lutter de mieux en mieux.
J’ai reçu cet après-midi les résultats de mes analyses sanguines hebdomadaires, elles sont bonnes.
Mes neutrophiles sont en baisses mais restent tout à fait acceptables. Je ne rencontre dès lors plus cette chute de mes défenses immunitaires comme c’était le cas avec la chimiothérapie précédente.
Ces bons résultats signifient également que je pourrai démarrer ma deuxième cure de 14 jours dès mardi prochain.
Je m’apprête dès lors à faire un beau “pied de nez” à la maladie. Ma chimio, je la ferai à Sainte Maxime!
Ca ferait même un peu Jet Set ça non? Faire une chimiothérapie à la Côte d’Azur?!
Cela me conforte dans mon souhait de profiter de la moindre bribe de bonheur et de ne rien abandonner à ce fichu cancer.

Cependant, cela reste difficile de s’accorder ces plaisirs. Comme si ma situation de malade m’interdisait certaines joies de la vie. J’ai fait beaucoup de projets ces derniers mois et dans chacun d’eux, je me voyais guéri : Nos prochaines vacances, les bbq au jardin, la reprise du travail, le sport… Malheureusement, ma guérison s’annonce plus longue et je ne peux me priver de vivre.
C’est un véritable travail personnel et quotidien que de me convaincre que j’ai toujours droit à tout ça… et sans doute plus qu’avant!
Quoiqu’il en soit, demain nous serons en famille sur l’autoroute du soleil.
Ce 21 août, Emma aura 10 ans, quel super souvenir d’un soir d’été où je suis devenu papa.
Deux grandes nouvelles ce lundi :
J’ai mon nouveau Cannondale et j’ai mes comprimés pour démarrer ma nouvelle chimiothérapie.
Les deux seront testés dès demain.
Je suis passé à Saint Luc ce midi afin de récupérer le colis avec toutes mes gélules. Les nouvelles substances de chimio portent le doux nom de TEMODAL et XELODA.
Je ne m’étais pas rendu compte avant d’avoir toutes ces boîtes de médicaments sur les bras de l’énorme chance que j’avais de pouvoir me lancer dans cette nouvelle cure.
C’est réel, soudain je me suis senti léger et heureux d’être entre de bonnes mains à l’hôpital et d’avoir un médecin qui est en veille face aux nouveaux traitements.
Moi qui adore les Etats-Unis, me voilà comme un pionnier à tester une nouvelle cure made in US et seulement éprouvée sur 17 américains.
Waouw, alors même que les Nike et Converse sont devenues made in Taiwan!
Le programme est simple, 14 jours de cure, puis 14 jours de repos. Le jour 29 on attaque une nouvelle période de 14 jours de médicaments et ainsi de suite.
Les dix premiers jours, j’ingurgiterai matin et soir le Xeloda. A partir du onzième jour j’associe la prise de Xeloda à celle du Témodal. L’un à jeun, l’autre 1/2 heure après le repas. Les effets secondaires sont assez classiques et j’aurai ma kyrielle d’anti-nauséeux et anti-vomitifs pour contrer les effets secondaires les plus néfastes.
>> Consultez le récapitulatif des effets secondaires éventuels











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