Archive de Tag pour ‘sport’.

Ca y est, j’y suis. Installé dans une salle du -2 dans l’attente de passer sous le Pet Scan.
Ma perfusion fait son travail et m’inocule le produit de contraste que je devrai ensuite évacuer à l’aide de grands gobelets d’eau. J’ai 2 bonnes heures à perdre dans cette atmosphère stressante.

Même un peu plus confiant que les mois précédents, cette journée génère une angoisse pesante. Elle me rappelle la gravité de mon diagnostic, les virages violents que peut prendre la maladie. Alors j’écris pour évacuer ces pensées et tenterai ensuite, couché sous les rayons du scanner, de songer à tout ce que j’ai envie de faire dans les mois et années à venir.

Pour me tenir compagnie, mon Macbook, ma musique et un nouveau livre. Il me fallait du courage aujourd’hui, rien de tel que d’entamer un livre sur Lance Armstrong. Cette fois il s’agit de l’ouvrage « Champion » de Christian Laborde, un écrivain et poète français, né à quelques kilomètres du Col du Tourmalet, passionné par sa région et les exploits du cycliste américain. Comment il a vaincu son cancer, comment il a gagné des courses, comment il a cru à son destin, à ses forces, comment il a calculé sa vie, ses victoires.

« Le pourcentage de chance que l’on nous donne de s’en sortir importe peu. Que ce soit 50, 30, 10 ou 5 pourcents, du moment qu’il soit au-dessus de zéro. » Déclare Armstrong, lui, à qui les médecins donnaient 3%.

Je vais dévorer les pages de cet ouvrage comme le héros texan bouffe le bitume.
Je souhaite sortir de cette journée empli de courage et d’espoir. Contraste de la maladie, je sais combien elle peut m’anéantir moralement, mais je suis également capable d’y puiser une énergie surprenante.
Lundi, je me suis aventuré (certainement trop tôt pour mon état) dans un cours de spinning. Après 35 minutes, je me suis senti vidé, ma tête gonflait comme une pastèque, je ne sentais plus mes jambes, je transpirais abondamment, mon sang bouillonnait, mon cœur battait dans mes tempes. Je n’avais aucune envie d’abandonner sur un malaise et de devoir expliquer au prof les raisons de mon état, ma maladie, mon traitement. Dans le reflet du miroir, je me suis apperçu, rouge vermeil, j’ai pensé à mon cancer :
« Tiens le coup, c’est une chance d’être debout sur ces pédales, c’est une victoire d’être dans cette salle à côté de gens en bonne santé. Cette souffrance, c’est une manière de lutter. Bouffe-lui la gueule à ce cancer ! ».
J’ai terminé le cours.
Epuisé, j’ai pris la direction des vestiaires, je me suis écroulé sur le banc, mort de chaud, les oreilles bouchées.

Je rigole maintenant d’avoir été aussi stupide. Ils ont, probablement, cru que la condition me manquait, que j’étais gêné d’abandonner devant les femmes qui suivaient le même cours.

Je suis fier, je sais que la maladie m’a permis de trouver la force nécessaire. Cet épisode reflète le récit du combat contre le cancer :

« Oublie l’injustice, la douleur, la peur, bats-toi et vis ! »

Mon tour pour le tunnel approche, je vais me replonger dans mon bouquin.
Je croise les doigts pour mes résultats de vendredi.

Merci Saint Luc pour le wifi au -2!

L’objectif de mon blog n’est pas exclusivement réservé à l’annonce de mes bilans, des suites du traitement où à mes humeurs dans les moins bons moments. Je souhaite aussi montrer que malgré la maladie et les traitements, je tente de garder une vie des plus normale et surtout de profiter de chaque instant.

Petit clin d’oeil vidéo dès lors, en cette matinée d’automne, et inauguration d’un ‘pied photo‘ multiusage offert par mon beau-frère pour mon annif.

Le climat indécis de ce jour férié ne m’a pas découragé à enfourcher ma bécane en vue d’une petite sortie, la plus sportive possible.
Aaaah, mes jambes… Partie de mon corps qui, mis à part les organes internes et la condition générale, a le plus souffert ces 12 derniers mois.  Plus de puissance, aucune résistance à l’effort et des muscles qui ont fondu par manque d’exercice. Fin septembre, je me suis décidé à retravailler tout ça.  Petites séances de fitness, exercices à la maison… Je n’ai, bien entendu, pas eu le courage tous les jours mais je tente de m’y tenir.
L’idéal serait de pouvoir reprendre un peu de course à pieds, mais cet effort physique particulier m’inflige encore des étourdissements et la nausée.
Etrange mais le vélo reste ma discipline favorite, une sorte d’exutoire physique qui me fait souffrir et m’offre en même temps un bonheur intense.
Je roule souvent seul et m’amuse de petits jeux qui font oublier l’effort ou du moins le rendent plus aisé.
En côte, les maisons ou prairies des bords de route prennent l’allure de montagnes et de dévers profonds, je ne suis plus dans le Brabant mais en pleine ascension d’un col des Alpes.  Ce matin, sur les routes humides de campagne, je défiais les véhicules motorisés : les voitures prenaient la forme de ‘saloperies’ de tumeurs cancéreuses.  Je les rattrape, profite d’un virage, un ralentissement et hop, je touche la carrosserie de ma main. Hé hé, j’ai eu sa peau.
Pas très malin mais vraiment amusant!

Plus sérieusement, comme disait Lance Armstrong : “Asseyez-vous 3 heures, seul sur une chaise, sans bouger, sans parler, sans regarder la télévision. Vous êtes seul avec vos pensées, vos émotions, vos souvenirs. C’est ça le vélo, c’est ma thérapie.”
Je me retrouve parfaitement dans cette citation.

Hier, lundi, c’était mon dernier jour de chimiothérapie.  J’étais pas vraiment en forme, nausées et très fatigué.  Ma sortie à vélo de dimanche avait probablement complété mon petit KO physique.  Début de soirée, je me suis effondré dans le fauteuil, incapable de garder les yeux ouverts.  Comme d’habitude dans ces périodes de traitement, je dors moins bien et malgré ma fatigue, ma nuit a été parsemée de périodes d’insomnie.

Ce mardi, je me sentais un peu moins fatigué, je profite du soleil, j’enfourche mon engin thérapeutique full carbone pour un tour en campagne flamande.
J’ai vite compris !  Mes jambes avaient plutôt envie de me faire faux bond et de rester dans le sofa devant la télé. Bref je n’avais pas beaucoup de jus cet après-midi et mes médicaments provoquent une sécheresse très ennuyante de la muqueuse nasale et buccale.  Pas super pour respirer dans l’effort!

Je me suis forcé, j’ai peiné, mais de retour à la maison, je sens directement le bienfait que me procure ce petit trip.
Sur le vélo, c’est dans les moments où je me force physiquement, où je surpasse ma douleur, que j’améliore ma condition, ma résistance.  Facile à dire, mais quand je suis épuisé sur ma selle, je m’esquinte et je maudis l’idée qui m’a pris de quitter la maison.

L’objectif n’est pas uniquement d’être meilleur sur les pédales.  Je sens, en effet, depuis le début de la maladie que le sport me permet de tenir la distance, supporter les traitements, mieux récupérer, et sortir la tête de l’eau quand le moral ne suit pas.
L’effort sportif est aussi une jauge parfaite de l’état de mon corps.  Lors d’une séance de fitness, il y a quelques mois, il m’est arrivé de me sentir si faible que je ne pouvais même plus soulever 5 kilos.  Je terminais ma séance exténué, mais surtout déprimé de mon état.  C’était un peu ridicule car qui aurait pu jouir d’une forme irréprochable après des séances de chimiothérapie !?
Par contre, quelques semaines plus tard, ces mêmes sessions d’entrainement me permettaient de constater que mon organisme et mes muscles reprenaient le dessus.  Je rentrais à la maison, cette fois, satisfait de mon petit défi.

Pour mon combat contre le cancer, je sais que l’activité physique m’est essentielle.  Même si certains jours j’ai le sentiment de tout recommencer à zéro, comme si je n’avais jamais pratiqué de sport, je tente de me réjouir du minimum : Je peux me balader, pédaler, faire des abdos ou soulever quelques poids, il n’y a pas de performance à la clé, juste le plaisir de pratiquer et de maudire ce crabe.

cannondale tripDépart à vélo ce dimanche avec mon frère.

Sainte Maxime, 17h15.

Il est de ces livres que l’on n’a pas envie de terminer, que l’on prend son temps de lire.
Ce fut le cas pour l’ouvrage de Laurent Fignon que je viens de refermer.
J’ai pris le temps nécessaire pour le savourer, d’abord parce que la lecture me fatigue encore très vite, ensuite parce que ce témoignage m’évadait dans la vie d’un grand champion et dans les coulisses du monde du cyclisme.
J’ai pris tellement de plaisir à parcourir le récit de cette époque que j’ai fait une pause d’une semaine dans ma lecture afin de pouvoir l’achever, ici, au bord de la piscine à Sainte Maxime.

Le raccourci serait aisé, Fignon vient de révéler son cancer des voies digestives et rien que pour cette raison, je pourrais soudainement m’intéresser à sa vie passée de cycliste.
Pourtant ce coureur, j’ai surtout appris à l’apprécier dans son rôle de consultant.  Passionné, franc, réactif, drôle mais aussi fin analyste des tactiques, Fignon avait même réussi ces dernières années à me faire zapper les retransmissions belges du Tour de France pour suivre la course sur France Télévisions.

De passage chez RTL pour la présentation de son bouquin, des collègues fort bien attentionnés ont eu la fabuleuse idée de lui demander une dédicace à mon attention.

« Amical souvenir et bon courage, il ne faut jamais rien lâcher ! Laurent Fignon »

Waouh, j’ose avouer que la lecture de ces mots m’avait envahi d’un frisson d’émotion.fignonlaurent
L’intelligence et la hargne de ce grand sportif, livré malheureusement au même combat que le mien, me donne du courage.
J’aime imaginer, comme un gosse, que nous courrons dorénavant dans la même équipe.  La chasse aux métastases, les examens médicaux, la douleur, les malaises font notre quotidien commun.  Il est mon compagnon imaginaire d’échappée, je suis son ‘gregario’, fidèle porteur de bidons qui ne manque pas une leçon pour apprendre comment lutter et souffrir pour gagner…  Ce scénario chimérique m’amuse dans les moments difficiles !

Je n’ai pas pu m’empêcher d’analyser avec étonnement les lignes de son livre, écrit bien avant son diagnostic.

De nombreuses citations et récits me marquent l’esprit, preuve une fois de plus que mon combat pour la vie peut être assimilé à un exploit sportif.  La hargne de cet athlète solitaire, sa rage de victoire, de revanche et de fierté enracinées au plus profond de son être ne peuvent qu’être porteur d’espoir et d’exemple à suivre dans une bagarre contre la maladie.
C’est en tout cas ce que m’apporte ce témoignage.

« La passion est toujours supérieure au pessimisme » écrit Laurent Fignon dans le dernier chapitre de son livre.
J’ai toujours pris mon combat comme un énorme défi, je suis passionné par la vie que j’ai à gagner et j’y crois toujours autant.

“Nous étions jeunes et insouciants”, Laurent Fignon, Editions Grasset

Depuis la fin de ma chimiothérapie précédente, j’ai tout doucement repris mes sorties à vélo.
Autant je suis heureux de me sentir capable moralement et physiquement de remonter sur mon vélo, autant à la moindre côte je maudis ce sport pour la dureté des efforts qu’il nécessite.
Mélange de bonheur et de regrets de souffrir autant sur une bécane.
Mais il n’y a pas photo, en haut de la côte, aussi pénible que ça puisse être, je me retourne sur le bitume parcouru avec une joie intense.

Je me souviendrai de ce dimanche pluvieux de juin, première sortie à vélo depuis près d’un an. Accompagné de mon père, je franchis le plus lentement du monde la côte du cimetière de Hoeilaart, accroché à mon guidon, les jambes explosées et le souffle coupé, j’ai les larmes aux yeux.  C’est con mais cet effort physique, je me suis battu pendant 9 mois pour espérer pouvoir le reproduire!
J’y suis, je suis fier de moi.

J’ai tellement le sentiment que ce sport me permet de lutter contre le cancer.  Aussi bien physiquement que mentalement. Parfois j’imagine que chaque coup de pédale fait du mal à ce crabe qui s’est permis de grandir en moi.  Chaque tour de pédalier est une victoire sur la maladie, un moment que j’aime, qui me fait mal mais que le cancer n’a pas pu m’enlever.

Le cyclisme me semble représenter parfaitement la lutte contre cette maladie, il faut être tenace, savoir faire l’effort en solitaire… Un peu comme face à la chimiothérapie.
Et puis sur mon vélo, je suis seul avec mes pensées et rarement elles se permettent d’être négatives.  Je suis dans l’effort, j’avance au plus vite que je peux, dans ces moments-là jamais je ne peux envisager autre chose qu’une victoire.

Cet après-midi j’ai roulé seul et sous le soleil. A mon retour je jette un oeil sur mon compteur : 40 km à 25km/h de moyenne.  Avec ce que j’ingurgite chaque jour (ma chimiothérapie) c’est un véritable exploit personnel.  Je descends de mon vélo, mon corps entier tremble, mon crâne est bouillant.
C’était peut-être inconscient mais cet épuisement physique, cette fois il me fait du bien au moral.

Catégories du blog

Vos messages :

Le quotidien en images

Babouchka en mode relax

Mariage

Horses

Galgo

Doug's New Life

Vie de chien!

Cheeseburger

Chimio

Snapple

Neige

More Photos

Jemphi’s Twitter Updates

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.