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J’aurais du mal à démentir que la maladie n’est jamais source de bonheur.
Souvent parce que je décide de m’octroyer plus qu’auparavant de bons moments et de m’évader l’esprit, certaines fois suite à l’intervention d’autrui.
Ce dimanche, c’est grâce au Challenge Télévie Allan Sport que j’ai eu l’opportunité d’une belle rencontre.
Départ tardif contrairement aux autres semaines, la bécane est lustrée et rutilante, je me pare d’un beau maillot, rendez-vous est donné à Rhode-St-Genèse.
Il est 10 heures, les fans trépignent d’impatience, soudain une belle voiture noire entre sur le parking, “The Cannibal“ Eddy Merckx est arrivé. Une sorte d’effervescence s’empare du petit parking du lieu de départ. Eddy répond aux questions, pose pour quelques clichés et prépare son matériel.
Impressionné et débordant de respect, je reste timidement à quelques mètres.
Mais bon, c’est clair, la photo avec cette légende du cyclisme, il me la faut!
Quelque minutes plus tard, avec l’aide d’organisateur et collègue attentionnés, je suis aux côtés d’Eddy. Clic, clac, c’est sur la carte mémoire.
FIER!
Et hop, nous ne sommes pas venus pour jouer les stars.
Le bruit des cales chaussures qui se clipsent dans les pédales résonnent, et les braquets, les pignons et la ‘roue libre’ commencent à produire leur petit bruit si spécifique qui berce chaque sortie vélo.
Vous savez ce petit son, proche du chant d’une cigale? Celui que vous pouvez percevoir lorsque des cyclistes bien équipés (j’entends munis de vélos haut de gamme) vous dépassent.
Une sorte de : “Cccrrrrrrrhhhhhhh”.
Lorsque je nettoie mon destrier, je termine toujours en soulevant l’engin par la selle et en faisant tourner la roue dans le vide et… J’écoute, je profite de ce son. J’adoooooore!
Bref, la rando démarre, en route pour près de 70km.
Un parcours bien dessiné et taillé pour les experts. Côtes cassantes, passages pavés, descentes sinueuses… J’aurai entendu Eddy jurer quelques fois sur le dénivelé.
Vous imaginez ce que peut représenter ce moment?
Rouler dans la roue d’Eddy Merckx pendant toute une matinée. Je l’avoue, je n’ai même pas osé le dépasser, je suis rester derrière lui. Et les quelques fois où les aléas du tracé ont fait que je me suis retrouvé quelques vélos devant lui, je me suis repositionné, avec une immense dose de respect, dans sa roue carbone.
Dans le cyclisme, on parle souvent de “patron” du peloton. Merckx, en était un, Indurain l’a été, et plus tard Armstrong.
Ce terme m’est revenu à l’esprit pendant que nous pédalions.
Eddy était accompagné de ses ex-équipiers de l’équipe Molteni. J’ai été stupéfait de constater à quel point ces anciens coureurs avaient gardé les réflexes de course de l’époque. Ils entouraient leur leader, ne le laissaient jamais seul en dernière position, se souciaient sans cesse de son état de forme et le poussaient même dans les côtes raides.
Un respect total et une fidélité sans fin.
Une toute autre mentalité que celle des sportifs pour qui leur discipline est devenue le moyen de s’expatrier dans des clubs riches, de vivre comme des millionnaires et de rouler en 4×4 de luxe (c’est vrai, je n’adore pas le foot!).
Sans doute une autre raison pour laquelle le cyclisme m’aide tant et que je découvre sans cesse dans ce sport des similitudes avec mon combat contre le cancer.
Mon équipe, elle m’entoure fidèlement, m’épargne, me pousse, m’injecte du bonheur dans l’esprit, me remonte le moral, croit en moi…
Avec tout ce que l’on fait pour m’amener au sommet et franchir une ligne d’arrivée virtuelle, synonyme de retour à la santé, j’ai perpétuellement envie d’offrir une victoire.
La journée de demain sera interminable avant mon rendez-vous à la clinique, une consultation sous haute tension.
Ce matin, sur mon vélo, derrière un champion, pas une seule pensée négative ne m’a envahi, pas une seule fois je me suis senti vulnérable. Sur mon vélo, même si mes jambes souffrent, je me sens performant, plus endurant, plus fort que le cancer.
Même quand le Cannibale m’a mangé tout cru et m’a lâché quelques kilomètres avant l’arrivée…
Il y a un an, à mon retour de périple du Tour de France en mobilehome, je me souviens avoir écrit :
“Jaloux de ne pas pouvoir souffrir d’un mal plus loyal, d’une douleur physique qu’on s’impose, et de la fierté de l’exploit réalisé, je me suis promis de revenir, revenir pour grimper et descendre à vive allure…
Si je ne suis pas capable de rouler l’an prochain, j’en aurai encore plus envie l’année suivante, et si ce n’est pas l’année suivante, je le postposerai encore un fois, toujours plus motivé.” (Retour à la réalité – 16/07/2010)
En réalité, mon voyage approche et que je suis frustré!
Déçu par ces douleurs persistantes qui s’accentuent au moindre effort physique et qui semblent bien avoir décidé de jouer les troubles fêtes.
Malgré mon endurance physique qui commençait à s’améliorer, cela fait 2 mois que je passe de séances d’acupuncture en séances d’ostéopathie et manipulations diverses.
Mes organes souffrent de plus en plus, mon dos s’est raidi par les interventions chirurgicales et les douleurs récurrentes.
Mon entrainement n’a pas pu être optimal, rattrapé par la fatigue et les cures de chimio devenues éreintantes.
Je me suis plongé dans mes exercices de méditation, mes capacités mentales à motiver mon organisme à se relever et combattre.
Que j’ai envie de les grimper ces 21 lacets du col de l’Alpe d’Huez!
Me surpasser est devenu une habitude et ne m’effraie pas, mais la souffrance qui résulte parfois de ces efforts est devenue insupportable et démotivante.
Si ce voyage n’était pas programmé, je crois que j’aurais abandonné mon deux roues pour quelques mois. Avec beaucoup de tristesse certainement.
Mais voilà, certains jours je me sens dans une telle forme, qu’il m’est possible d’enfourcher mon vélo pour avaler 80 ou 90km. Jamais, sur mes pédales, je ne me suis senti en souffrance extrême. Mal aux jambes, aux muscles, le souffle coupé mais toujours avec ce sentiment de bienfait que m’apporte le sport et le dépassement personnel.
Alors tout au long de cette semaine, j’ai préparé mon paquetage, consulté et complété ma ‘check list’, acheté le matos nécessaire. Nouveaux pneus VTT, nouveau casque plus aéré, gants plus légers, sous-vêtements techniques, huile de chaîne appropriée, barres bio pour le ravitaillement, préparation et réglages du vélo de route, nettoyage des pignons…
Je me trouve face à un choix crucial, celui d’affronter cette ascension au risque de me retrouver paralysé par la souffrance pour le reste du séjour, ou abandonner cette idée, profiter de mes journées dans la montagne et remettre ce défi à un prochain col, plus tard, l’an prochain…
Dans les deux cas, il y aura une part de déception.
Alors, en attendant, J’ai tenté d’oublier ces 2 options et je me suis focalisé sur ma préparation mentale car c’est cet aspect que je peux maîtriser en totalité.
Peut-être qu’avec un moral fort, je constaterai avec chance une amélioration physique soudaine.
Depuis deux jours, je suis balancé entre la joie de ces préparatifs et mon état qui ne s’améliore pas vraiment.
Ce matin, après une nuit rythmée par des poussées de fièvre, j’ai vraiment eu le sentiment que je ne pourrais prendre le départ des Alpes.
A la clinique, suite à des prélèvements sanguins en urgence, j’ai bien cru qu’on allait m’annoncer une inflammation sanguine et une hospitalisation. Pourtant, il semblerait que ce soit une fois de plus mon foie qui se rebiffe.
Les symptômes liés à mes crises inflammatoires hépatiques sont destructeurs. Fièvres, yeux brulants, problèmes digestifs, douleurs musculaires et articulaires.
Ma nuque est raide et douloureuse, mon dos courbaturé, mes ischios tendus, mes tendons du tibia et mes doigts de pieds me font souffrir. J’ai le sentiment de devoir déployer une énergie intense pour me déplacer, passer du salon à la cuisine m’épuise.
Autant dire que mes entrainements des derniers mois ont été réduits à néant en quelques jours!
Quel gâchis.
Je suis perdu, avec le sentiment de ne plus ‘avoir la main’ sur mon état physique.
J’ai déjà pourtant rencontré et géré à plusieurs reprises ces turbulences hépatiques mais j’ai le souvenir douloureux qu’elle m’ont toujours laissé dans un état d’abattement conséquent.
La plupart des gens me diront que l’important est de pouvoir y aller, de jouir de cette semaine de repos à la montagne.
Cette fois, je voulais plus, il s’agit de l’objectif d’une année complète, un truc que je me suis mis dans la caboche il y a juste un an.
J’ai repris l’entrainement au mois de novembre, fait face à des interruptions suite à mon état fébrile, affronté le capot d’une mercedes, roulé dans le froid… Et tout ça avec bonheur.
La maladie me fait si souvent subir des déceptions diverses que certaines sont plus difficiles à affronter.
Mon côté positif me soufflerait à l’esprit que rien n’est perdu, que le challenge s’avère encore plus séduisant.
Mon côté réaliste, me rappelle la quantité d’anti-douleurs avalés ces dernières semaines, ma fatigue, ma démotivation.
Ce soir, en regardant les interviews du Tour du France, Thomas Voeckler, maillot jaune actuel déclarait :
“Je n’aurais jamais imaginé pouvoir gardé ce maillot après cette première étape des pyrénées. Je m’attendais à le perdre mais en ayant la certitude d’avoir tout donné. L’équipe a été géniale, rouler pour et avec ce maillot donne une motivation incroyable”
Alors, ce soir, pour m’endormir paisiblement, je vais me dire que mon cancer, tous ces tracas quotidiens, ces douleurs, ces déceptions… Ce sont mon maillot jaune virtuel.
J’ouvre un oeil, premier check rapide: je me redresse, assis sur le bord du lit, je m’assure que tout va bien.
La demi-heure qui suit le réveil est souvent déterminante, pas de douleurs dans le dos, mon pancréas semble apaisé, mon estomac ne me maltraite pas.
Une raclette à la main, le grattoir pour le pare-brise, je fais un premier pas dans la rue, une première inspiration, il fait froid, très froid, tout blanc, quelle belle journée!
Je démarre la matinée par une visite hebdomadaire à la clinique. En arrivant, je décide d’aller jeter un oeil sur les étalages de la librairie de Saint Luc.
Bonheur, mon mag VTT O2Bikers est sorti, je l’achète et commence à le feuilleter dans le grand ascenseur jaune.
Page 6, j’approche le magazine de mon visage, cligne une fois encore les yeux, je ne peux cacher un sourire: J’ai ma trogne avec un lien vers mon blog dans ma revue favorite .
Fier, la classe… La journée s’annonce, heuuu… Bien partie.
De retour à la maison, je prépare mon matos de cyclo, je ressors ma combi en gore tex, mes gants, mon buff, mon casque et prépare un petit ravitaillement.
Alors que les flocons se remettent à tomber, je jette un oeil à ma boite e-mails.
Et hop, deuxième bonne surprise: Mes résultats sanguins sont parfaits.
13H30, sous l’impulsion de nos muscles froids, nos bécanes prennent la direction des sentiers forestiers de la Forêt de Soignes pour un peu plus de deux heures de rando.
Je n’ai pas senti le froid, la béatitude était plus forte, la journée était magnifique, ça fait du bien d’être en forme!
Initialement, c’était prévu le lundi 1er novembre, et puis voilà, pas de bol, la veille je rentre aux urgences pour une crise de pancréatite.
Désolation totale!
Deux semaines suivront, sans activité sportive, à me débattre avec les anti-douleurs et leurs effets secondaires. Chaque jour, des petits maux divers maltraitent mon moral, je n’ai plus d’appétit, je digère mal. A peine éveillé, chaque matin, je dois me résoudre à plonger sur ma boite de médicaments.
Le week-end dernier, une amélioration de mon état physique pointe son nez. Avec mon pote Eric, on programme un nouvelle tentative: ce mardi, 11h30.
Au fond de moi, je suis stressé, comme si ce nouveau rendez-vous était entaché de malédiction.
Hier soir, je plonge dans le fond de l’armoire et, logée dans cet endroit sans en sortir depuis près de trois années, j’extirpe cette boîte en plastique mauve, je l’ouvre, tout y est.
En un coup d’oeil, son contenu m’offre les souvenirs et sensations dont je suis privés depuis tout ce temps.
Des odeurs de caoutchouc, le touché de mes vieux gants légèrement déchirés, mes outils, mes douilles d’air comprimé, etc…
En faisant le check du matériel nécessaire, je revois les chemins à emprunter, je me souviens de l’odeur des feuilles mortes, de la boue, la mousse, les racines humides. Je clôture la préparation et pose mon matériel devant la porte d’entrée.
Durant la soirée, je ressasserai les mêmes paroles à Emma et Jess :
“Rhooo, je suis super content.
Ho la la, vraiment impatient.
Waouw ça fait si longtemps, t’imagine!?”
Ben non, difficile à imaginer probablement.
Emma, du haut de ses 11 ans, affiche un air d’adulte, et semble…
Comment dirais-je?
Vraiment dépassée par mon enthousiasme exacerbé.
“ha ouais?! Vous allez rouler à vélo quoi…”
Mais non, ce n’est pas rouler à vélo comme si je faisais une petite balade pour prendre l’air.
Demain, mardi 16 novembre, je m’embarque dans une rando VTT! Pffff…
Incroyable à imaginer, mais je me suis mis une pression de fou: Je DOIS être en forme.
Du coup, je me couche et ne peut m’endormir aisément.
En pleine nuit, 3h14 précisément, je sursaute et sens une douleur aigue dans le bas de l’omoplate. Saloperie de pancréas!
Jess se réveille, probablement inquiète et déjà déçue pour moi de ce que cela pourrait impliquer, et me demande ce que j’ai.
“Rien, juste un peu mal.”
Je descends dans la cuisine, chauffe mon coussin de noyaux de cerises et prend un dafalgan.
Je ne me rendormirai plus profondément, rageant déjà sur cet organe qui tente de dicter ma vie.
Ce matin, la douleur est encore présente. Je décide de conjurer le sort. Rien à faire, je VEUX enfourcher mon VTT, j’avale un Contramal, j’ai deux heures trente pour que ça fasse de l’effet.
Plus tard, un peu nauséeux, mes lèvres endolories, les doigts engourdis par les effets de cet anti-douleur, j’actionne la manette de frein.
Je descends de mon mountain bike, mes jambes tremblent légèrement, je suis couvert de boue, les pieds trempés, une seule pensée: “Je l’ai fait!”
Dans la boue, les feuilles mortes, les paysages d’automne, on a roulé un peu plus de 2 heures!
J’envoie un SMS à Jess :
“24 km en forêt. Très boueux, je suis fier!”
Et oui, ce petit exploit me remplit de bonheur, je flatte mon ego, je me sens comme un champion, je suis ému.
De retour à la maison, je prends une douche bien méritée, j’ai mal aux jambes, au dos, aux épaules, inimaginable mais ces courbatures me font un bien fou, je me sens vivre.
Demain, je passerai une bonne partie de la journée à la clinique pour mes bilans complets. J’espère y aller boiteux, les mollets et cuisses tiraillés par le souvenir de cette première randonnée.
Aujourd’hui, mon petit crabe, je t’ai mis une tatouille!
En orange, par terre, ce n’est pas moi
Ce jeudi, c’était le premier jour où j’étais autorisé à reprendre le sport.
Comme pour me titiller les gambettes, le ciel offrait sa première belle journée printanière.
Bien que ma nuit ne fut pas géniale et que le manque de repos se faisait sentir, je ne pu m’empêcher d’enfiler ma tenue de parfait cycliste.
Oooh, je sais. Beaucoup trouvent ce look moche et prolo.
Mais pour moi, enfiler mon collant de compression, mon cuissard 3/4, mes sur-chaussures néoprène, mon Damart Sport, mon maillot manches courtes orange truffés de pubs Cannondale et mes manchettes thermo… c’est un réel pied!
Je me prépare, et le bonheur de pousser un premier coup de pédale m’envahit déjà.
Cet après-midi, je crois avoir été le cyclo le plus lent sur les routes.
Ce qui est certain, c’est que mon équipement et mon vélo high-tech étaient bien supérieurs à mon niveau.
J’avoue que la joie des premiers coups de pédales laissent rapidement la place à un sentiment de découragement. Une lassitude de me retrouver à nouveau si peu performant, affaibli par le moindre effort physique.
Peinant sur ma selle, au pied d’une côte à peine escarpée, mes jambes s’avèrent rouillées. Je jette un oeil sur mon compteur (on ne peut plus high-tech, lui aussi), et je suis déjà à 80% de ma fréquence cardiaque maximum. La galère!
Je gamberge, et il me faut trouver une raison de poursuivre.
La voilà, ma conclusion motivante : Ces dépressions physiques, m’obligeant constamment à redémarrer de zéro, me rendront plus compétitif!
C’est vrai quoi, cela me demande un tel effort de retrouver la condition et de tenter de revenir à un bon niveau.
Je m’imagine, une fois guéri, en faire un concept d’entraînement :
“Lorsque le sportif est au sommet de sa forme, on le met au repos complet.
On le laisse se gangrener par l’ennui et le manque d’exercice.
Quand il est au plus bas de sa condition physique, hop, entraînement intensif pour recouvrer son meilleur niveau.
…
Avec ma future méthode, et après quelques mois d’application, l’athlète pourra se permettre des interruptions hivernales sans craindre la reprise de sa discipline…
Pfff ça craint ta méthode, Jemphi.
Quel sportif voudrait souffrir gratuitement”.
Ce sont des conneries?!
Probablement, mais soudain, je suis en haut de la côte, et je n’ai pas trop songé aux tours de pédalier douloureux.
Eh oui, le vélo me permet aussi de m’évader l’esprit, rêvasser et m’imaginer un futur empli de bonnes surprises.
Je n’avais plus fait de sport depuis mes crises hépatiques à répétition du mois de décembre. Ensuite, j’ai subi ma cholangioscopie et ma thoracotomie. Bref, deux anesthésies derrière moi, et une fatigue chronique qui pèse.
Cependant, je sais que j’entre dans ma meilleure période.
Les jours s’allongent, je me lève avec la lumière naturelle et je commence à entrevoir les belles journées de printemps. C’est assez incroyable, mais depuis que je suis malade, cette saison prend une toute autre importance.
L’an dernier, durant l’hiver, et le début de ma première chimiothérapie, je ne pensais qu’à ça :
“Tiens le coup Jemphi. Le printemps va arriver et ça va te donner un sacré coup de punch”.
Sentir les rayons du soleil, le vent légèrement humide du printemps, les odeurs de la forêts, du gazon, me donne une énergie que je n’avais jamais estimée auparavant.
Aujourd’hui, je suis capable de m’arrêter, respirer profondément et apprécier le bénéfice que peut m’offrir la nature.
Etrange, pourquoi étais-je incapable de profiter de çà avant?
Pourquoi je ne m’octroyais pas ce plaisir gratuit?
En fait, je n’en étais même pas conscient.
Celà paraît banal, mais si je dois me remémorer des instants salutaires de l’an dernier, il n’y pas photo.
- Une semaine à la côte belge à Pâques
- Un séjour au soleil de Sainte Maxime
- Mes après-midi de lecture à la chaleur des rayons solaires
- Mes sorties vélo et les routes de campagne
- Des repas en terrasse
…
Profiter, profiter… Et surtout en être conscient.

Cela mérite d’être signalé, la semaine écoulée a été exemplaire.
Malgré ma cure de chimiothérapie, je me suis rendu 4 fois au fitness pour suivre le cours de spinning. Je n’ai pas ressenti de douleurs cette semaine et contrairement à ce que démontrent mes prises de sang, mon foie me donne l’impression de mieux se porter.
Le week-end dernier, je lisais un article relatif à l’activité cardio-training et l’atténuation des effets secondaires causés par les traitements de chimio. En résumé, il démontrait que maintenir une activité physique durant les traitements améliore la vitalité, la force musculaire, les capacités aérobies et, surtout, atténue la fatigue due à la chimiothérapie.
Il ne m’en fallait pas plus pour me motiver et devenir mon propre cobaye!
Les instructeurs du cours de spinning auront donc vu ma trogne chaque matin. Etrangement, je me suis étonné de retrouver assez vite un bon rythme, me sentant chaque jour meilleur sur le vélo et capable d’augmenter la vitesse de pédalage ainsi que la résistance. Bon, rien d’extraordinaire et digne d’un exploit, mais une amélioration personnelle qui m’a fait du bien au mental.
Comme d’hab, l’équipement top niveau : cuissard compression ergonomique avec peau de chamois double épaisseur sans couture, t-shirt technique offrant une seconde peau et permettant une évacuation optimale de la transpiration, chaussettes de cycliste moulées aux orteils grande respirabilité, bidon SIGG hi-tech en alu léger sans soudure, chaussures à clips… Et mollets reluisants. Hé hé, ça le fait de se sentir pro! Je fus presque étonné des absences de Johan Museeuw et Tom Boonen dans le cours collectif.
En tout cas, la motivation et la satisfaction après séance étaient au rendez-vous.
Mon but avoué était double. Améliorer ma condition et me prouver que je pouvais tenir la distance dans cette nouvelle discipline mais surtout tenter d’éviter le K.O. annoncé après mes 14 jours de cure.
La période qui suit la fin de mes cures est devenue la plus rude, nausées, affaiblissement général et épuisement. Ce souci de me sentir si anéanti me pèse.
Ma semaine a été bouclée avec brio (avec qui ??), j’ai profité de mes matinées de forme et de mes après-midi de repos obligatoire, mes nuits de sommeil étaient meilleures et mon week-end en famille reposant et finalisé avec de bonnes crêpes au citron. Oui, je sais, spécial mais délicieux.
Ces efforts physiques vont-ils payer et me permettre de mieux traverser l’après-chimiothérapie?
On verra, mais j’ai profité du mieux que je le pouvais.













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