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Initialement, c’était prévu le lundi 1er novembre, et puis voilà, pas de bol, la veille je rentre aux urgences pour une crise de pancréatite.
Désolation totale!
Deux semaines suivront, sans activité sportive, à me débattre avec les anti-douleurs et leurs effets secondaires. Chaque jour, des petits maux divers maltraitent mon moral, je n’ai plus d’appétit, je digère mal. A peine éveillé, chaque matin, je dois me résoudre à plonger sur ma boite de médicaments.

Le week-end dernier, une amélioration de mon état physique pointe son nez. Avec mon pote Eric, on programme un nouvelle tentative: ce mardi, 11h30.
Au fond de moi, je suis stressé, comme si ce nouveau rendez-vous était entaché de malédiction.

Hier soir, je plonge dans le fond de l’armoire et, logée dans cet endroit sans en sortir depuis près de trois années, j’extirpe cette boîte en plastique mauve, je l’ouvre, tout y est.
En un coup d’oeil, son contenu m’offre les souvenirs et sensations dont je suis privés depuis tout ce temps.
Des odeurs de caoutchouc, le touché de mes vieux gants légèrement déchirés, mes outils, mes douilles d’air comprimé, etc…
En faisant le check du matériel nécessaire, je revois les chemins à emprunter, je me souviens de l’odeur des feuilles mortes, de la boue, la mousse, les racines humides. Je clôture la préparation et pose mon matériel devant la porte d’entrée.

Durant la soirée, je ressasserai les mêmes paroles à Emma et Jess :

“Rhooo, je suis super content.
Ho la la, vraiment impatient.
Waouw ça fait si longtemps, t’imagine!?”

Ben non, difficile à imaginer probablement.
Emma, du haut de ses 11 ans, affiche un air d’adulte, et semble…
Comment dirais-je?
Vraiment dépassée par mon enthousiasme exacerbé.

“ha ouais?! Vous allez rouler à vélo quoi…”

Mais non, ce n’est pas rouler à vélo comme si je faisais une petite balade pour prendre l’air.
Demain, mardi 16 novembre, je m’embarque dans une rando VTT! Pffff…

Incroyable à imaginer, mais je me suis mis une pression de fou: Je DOIS être en forme.
Du coup, je me couche et ne peut m’endormir aisément.
En pleine nuit, 3h14 précisément, je sursaute et sens une douleur aigue dans le bas de l’omoplate. Saloperie de pancréas!
Jess se réveille, probablement inquiète et déjà déçue pour moi de ce que cela pourrait impliquer, et me demande ce que j’ai.

“Rien, juste un peu mal.”

Je descends dans la cuisine, chauffe mon coussin de noyaux de cerises et prend un dafalgan.
Je ne me rendormirai plus profondément, rageant déjà sur cet organe qui tente de dicter ma vie.

Ce matin, la douleur est encore présente. Je décide de conjurer le sort. Rien à faire, je VEUX enfourcher mon VTT, j’avale un Contramal, j’ai deux heures trente pour que ça fasse de l’effet.

Plus tard, un peu nauséeux, mes lèvres endolories, les doigts engourdis par les effets de cet anti-douleur, j’actionne la manette de frein.
Je descends de mon mountain bike, mes jambes tremblent légèrement, je suis couvert de boue, les pieds trempés, une seule pensée: “Je l’ai fait!”

Dans la boue, les feuilles mortes, les paysages d’automne, on a roulé un peu plus de 2 heures!
J’envoie un SMS à Jess :

“24 km en forêt. Très boueux, je suis fier!”

Et oui, ce petit exploit me remplit de bonheur, je flatte mon ego, je me sens comme un champion, je suis ému.

De retour à la maison, je prends une douche bien méritée, j’ai mal aux jambes, au dos, aux épaules, inimaginable mais ces courbatures me font un bien fou, je me sens vivre.

Demain, je passerai une bonne partie de la journée à la clinique pour mes bilans complets. J’espère y aller boiteux, les mollets et cuisses tiraillés par le souvenir de cette première randonnée.

Aujourd’hui, mon petit crabe, je t’ai mis une tatouille!


En orange, par terre, ce n’est pas moi ;-)

Dernier post: Le 11 octobre… Et bien, j’avoue que j’ai été un peu paresseux pour écrire.

Ce matin, j’ouvre le dictionnaire.
A, B, b,b,b,o,o,o,… BONUS!

“Bonus: Ce qui vient en plus ou en mieux dans un montant, un résultat ; supplément, amélioration. Avantage qui s’ajoute à un résultat ou qui aide à l’obtenir.”

Ces dernières semaines, et à l’approche de mes bilans médicaux, j’aime me répéter ce mot.
Ce mot fait fuir mon stress, il me met de bonne humeur, il a un parfum de victoire!

Il y a quelques jours, je lisais cette phrase :

“Qui aurait cru que je puisse à la fois éprouver des joies inégalées et avoir un cancer? Qui aurait cru cela possibe?”

Cette lecture m’a rassuré, m’a conforté dans les sentiments que je vis quotidiennement, m’a enlevé cette crainte de capitaliser sur la maladie.

Régulièrement, lorsque j’évoque ma joie de vivre, ou annonce que je suis heureux, un peu gêné, mon interlocuteur me réplique:
“Oui, mais tu ne mérites pas cette maladie.
Oui, mais c’est pénible ce que tu vis.
Oui, mais ce que tu endures…”

Oui, mais… Et si ce combat et cette souffrance physique et mentale me permettaient dorénavant d’être qui je suis?

Carl Gustave Jung a écrit : “La maladie est l’effort que fait la nature pour me guérir”.

La maladie a fait tomber toutes les barrières qui, souvent, me gardaient de me lancer vers le bonheur. Le bonheur simple, celui à côté duquel on passe parfois en se disant “J’aurai le temps plus tard”.
Pour guérir, il m’est tellement primordial d’extérioriser que, finalement, on ne peut plus se cacher à soi-même. Alors, souvent, je suis surpris des trouvailles qui me rendent heureux.

L’an dernier, sur un coup de tête, j’ai décidé de me lancer dans le montage de vélo “fixie“. J’ai récupéré 3 vieilles bécanes, désossé l’une d’entre-elles. Je suis ensuite rentré à la clinique, le printemps est arrivé… Les deux roues traînent toujours dans le garage de ma mère!

Inconsciemment, je me suis jeté sur une envie du moment, j’ai vécu mon truc, pas de regret, j’y reviendrai plus tard.

Ce qui me fait un bien fou, c’est de me prendre par surprise.
Certains d’entre vous auront déjà eu ce sentiment: Une soirée entre amis à l’improviste, un resto au pied levé, une activité inattendue. Le truc où on se dit après coup: “On avait rien prévu et c’était vraiment chouette”.
Le “non programmé” offre alors une dimension de satisfaction supplémentaire.

C’est ça ma vie, l’imprévu, rien que du BONUS, chaque jour est une victoire.

C’est vrai que ce fichu “imprévu” me réserve parfois de mauvaises surprises.
Une nuit de douleurs, une visite aux urgences, quelques jours avachi dans le canapé, des fièvres, des problèmes digestifs…
Mais au final, quand je me retape, que je remonte sur mon vélo, retourne au sport, attrape un fou rire, mange un bon repas… J’oublie, et je deviens plus fort.

Je ne suis pas en train d’écrire que je vis bien mon cancer, personne n’a envie de garder ce crabe dans son corps.
Je dirais plutôt que je vis avec mon cancer.
Au final, nous sommes tous mortels. En ce qui me concerne, les événements m’ont fait prendre conscience de la mort.
Mais nous vivons tous avec un couperet au-dessus de la tête : AVC, accident de la route… Oui, d’accord, pour l’instant mon couperet est sans doute mieux aiguisé!

Le cancer a donné un sens à ma vie, je tente  alors de trouver le meilleur chemin pour vivre sereinement, je tente de créer MA formule de guérison.

J’ai envie de visiter New York, faire une rando boueuse en VTT, reprendre un boulot, faire un marathon de spinning, revoir ‘Les petits mouchoirs’, partir en Californie, louer ce super chalet de montagne à 21.000 euros/semaine, faire le Ragbrai en Iowa, partir pêcher à la mouche dans un vallée somptueuse, monter à cheval…

Tous ces projets, réalisables ou non, sont mes bonus, ceux-là mêmes qui me font rêver et sont indispensables au résultat visé: Guérir de ce fichu cancer!

Voilà, ce dimanche, il pleut tout autant que les jours derniers, impossible de sortir sans être trempé, je suis à la maison, je vais préparer le potage, vider le lave-vaisselle, prendre une bonne douche, encore un peu râler sur le climat… Je suis HEUREUX!

Comme d’habitude, les grands ascenseurs jaunes ne répondent plus, l’attente est trop longue et nous décidons d’emprunter les escaliers. Pas très téméraire, il n’y a qu’un étage à parcourir.
Arrivés au -1, nous nous engageons dans ce long couloir illuminé par les seuls tubes néons du plafond, virage à droite… et comme à l’accoutumé, je loupe l’entrée du -1H1.
Etonnamment, en ce dernier vendredi de juillet, la salle d’attente est vide, l’arrivée du médecin ne devrait pas être longue.
Pour la première fois, j’ai l’embarras du choix:
Chaise en plastic brun ou plastic orange?
Dos ou face au couloir qu’empruntera mon toubib pour venir me chercher?

Trop tard, le temps de donner ma carte d’identification de Saint Luc, Jess s’est installée. Je me mets à ses côtés.

Le médecin arrive, nous entrons dans son cabinet, la discussion est amicale, les examens sont bons, la maladie n’a pas progressé, je suis stable, le stress s’estompe… 1 AN!

Depuis trois jours, je bloque sur cet article, ne sachant trouver les mots qui expriment au mieux cette année de traitement.
Douze mois, transporté au rythme d’un wagon de montagnes russes: des joies, des douleurs, des déceptions… Alors tout au long de la semaine dernière, la pression a été intense, l’attente du verdict, devant l’oncologue, intenable.

Comme si quelque part, il était écrit que je ne mériterais pas ce premier anniversaire, l’idée de ne pouvoir vivre ce moment était logée dans un coin de ma tête.
Je fus stressé, irritable, renfermé, isolé dans ma lutte et mon calvaire du moment.

Je suis maintenant incapable de manifester ma joie car aujourd’hui, je réalise que je garde une colère au fond de moi.

Celle d’une intervention chirurgicale échouée et dont je peine à faire le deuil;
Celle d’une vie que je devrai dédier au combat face à la maladie;
Celle de tous les sacrifices demandés;
Celle de ne pouvoir me dire ‘guéri’;
Celle de vivre aux crochets de traitements épuisants;
Celle de faire souffrir mes proches;
Celle de ne plus me lever le matin, et avoir une journée normale, sans penser à ce cancer.

Ce que je ressens ne s’apparente donc pas à de la joie mais au soulagement.
Je peux enfin songer aux prochains jours de vacances en famille dans le sud de la France, et passer quelques journées relax avec Emma à la maison.

Je sais aussi que j’ai du travail, que j’affronterai chacune de ces colères, non pas pour vivre avec comme un fardeau, mais pour en faire des motivations quotidiennes.
S’il y a bien un sentiment que je garde à l’esprit, c’est celui de l’exploit, de la performance.
J’ai décidé, il y a bientôt 2 ans, que ce cancer ne me tuerait pas, et pour l’instant, plus il me fait souffrir, plus il me renforce.

Alors, oui, j’ai envie de me prouver que malgré la maladie, ma vie peut être meilleure, que je peux faire du sport, prendre des vacances, retrouver mon job, voyager… Et exprimer ma joie!
Car chaques prochains ’365 jours’, comme ceux qui viennent de s’écouler, m’apporteront de nouveaux souvenirs, de bonnes tranches de rigolades, et des projets en masse… Et ça, c’est le meilleur des traitements.

Cela me fait toujours sourire de découvrir les posters qui ornent les murs des salles d’attente de la clinique. Le plus souvent, des appels aux dépistages divers.
Mais les lieux de patience pour les scans sont, eux, ornés d’images du monde.
Le but est-il, sans doute, de nous faire oublier l’endroit et nous donner envie de voyager?
Deux moines bouddhistes face à l’océan, deux pirogues abandonnées sur une plage thaïlandaise…
Râté ! Impossible de me faire oublier mon lieu de stationnement temporaire.

Assis dans ce fauteuil bordeaux en véritable simili cuir imitation plastic, perfusion dans le bras, j’attends mon tour pour passer dans le tunnel.
Je me sens triste et peureux quand je suis à la clinique.
Je comprends les gens qui se réfugient dans une religion pour trouver du réconfort et tenter de comprendre l’injustice qui leur fait face.
Mais je n’ai pas de religion!
J’ai la croyance unique que la vie peut l’emporter sur les malheurs, la croyance dans les capacités de mon corps à se battre, à se défendre, avec pour seul objectif de satisfaire mon esprit qui, lui, se nourrit du quotidien, de la vie, de l’amour.
Bref, je veux croire en moi.

Incapable de me concentrer sur une lecture, je regarde les photos enregistrées dans mon GSM.
Je m’aperçois qu’elles représentent le film de cette dernière année.
Moments de joie, restos avant mes hospitalisations, instants à la clinique, repos à la maison, activités familiales, sport, moments entre amis… Certaines me font sourire, d’autres me mettent les larmes aux yeux.
Réfugié sous mon casque audio relié au mode aléatoire de mon lecteur mp3, j’ai l’impression que la musique est parfaitement adaptée à mon diaporama.
Ça y est ! Ça marche !
Bien mieux que ces posters impersonnels, ce moment m’évade de ce lieu.
Je retrouve cette force qui me fait combattre et me permet de supporter ces moments pénibles: ma vie!

J’imagine les futures images qui viendront compléter le disque dur de mon appareil, prochaines illustrations de mon quotidien.
Je m’interroge sur ces petits bonheurs. Je m’en veux de ne pas m’être réjoui chaque matin de ma vie sans encombre, avant LE diagnostic.
Aurai-je encore, un jour, l’occasion de vivre sans me soucier de la maladie, des scans, des rendez-vous chez le médecin?
Par ailleurs, ce sont également ces moments qui me permettent de profiter plus qu’avant de mon quotidien.
Étrange paradoxe, étrange équilibre.

Que nous faut-il, parfois, à nous les Hommes, de si terrible, pour se rendre compte du bonheur?

Go on, go on, mon gars, c’est ton tour!
Il ne me reste plus qu’à puiser de belles images pour trouver la sérénité sous le scan.

Ces derniers mois, une petite phrase résonne souvent dans nos conversations, à la maison, avec Emma, avec nos amis.
Ces quelques mots alignés l’un derrière l’autre sont même devenus sujet à plaisanterie, ou justifient les petits excès quotidiens.

“Il faut profiter de chaque instant”.

Tout le monde, à un moment, a certainement prononcé ces paroles.
Sorte de sésame que l’on lance vocalement quand on a envie de faire une grosse dépense, avaler une deuxième glace, s’acheter un vêtement hors de prix, voire même s’offrir de très belles vacances.

La maladie, tant que celle-ci ne nous abat pas ou ne nous met pas face à un ultimatum, ne change rien à la valeur de cette phrase.
Les traitements, les peurs, les souffrances, laissent, eux, des cicatrices physiques et morales. Ce sont ces événements qui me font perdre pied et qui, heureusement, changent ma vision de la vie.

Dès lors, cette petite phrase prend une toute autre dimension.
Rien d’extravagant, juste la pure application de ce dicton.

La capacité d’être joyeux quand il y a du soleil, celle de trouver la journée belle quand il pleut.
Trouver du bonheur en nettoyant la voiture ou en réparant le vélo d’Emma.
Pouvoir ironiser sur ma colère intense lorsqu’Emma ‘abandonne’ son iPhone dans l’égout.
La joie d’un barbecue à l’improviste ou les rigolades au moment de sortir les saucisses sous la pluie.
Râler sur le chien, et finir par rire qu’il ait piqué le gratin dauphinois ou ces mêmes saucisses, sur la table.
La réjouissance d’imaginer une sortie en ski nautique, le plaisir d’attendre au soleil que le bateau soit réparé (pas de bol!).
Le bien-être d’oublier la moitié des courses au supermarché et d’y retourner à vélo.
Se sentir en forme, appeler les amis pour se retrouver dans un transat et discuter.
Voir les prévisions météo et programmer deux journées à la mer pour le lendemain.
Etre allongé sur la plage, sans le soleil prévu, sous la pluie, ronchonner… Et finalement passer une excellente journée.

Cette liste pourrait être interminable car finalement, VIVRE me permet de surmonter les petits problèmes quotidiens, me rendre compte que mon entourage est unique, que chaque chose et chaque personne y trouve sa place et tient son importance.
Même les mauvaises nouvelles, l’abattement physique, les doutes, les moments pénibles qui sont des acteurs de notre vie de famille jouent un rôle : Celui de me permettre d’encore MIEUX PROFITER.

J’ai repris mes chimios la semaine dernière et je viens d’entamer la phase plus importante avec mes deux substances.
Pour l’instant, je me sens bien. Je suis fort fatigué mais je prends du plaisir à penser que mon activité me fatigue plus que le traitement.
Depuis la semaine dernière je me déplace souvent à vélo et laisse la voiture à l’arrêt. Je rencontre des connaissances, étonnées de me voir sur mon destrier. Hé hé, quel plaisir.

Je me déplace douloureusement depuis cette folle idée de monter sur une planche de wakeboard. Hésitant jusqu’au dernier moment, l’envie était plus grande que mon manque de forme physique.
Eh oui, c’était peut-être un peu risqué pour ma cicatrice abdominale.
Mais voilà, j’avais envie de me faire plaisir, j’ai pris de bonnes gamelles, j’ai crevé, et été KO les jours suivants.
C’était génial et ça fait un bien fou!

Quelle gamelle !

Pour ceux qui l’auraient oublié, ou qui s’en foutent, je rappelle que le Tour de France débute demain, qu’il sera en Belgique à partir de dimanche… Et que je pars pour les étapes des Alpes vendredi prochain.

A partir de lundi, je prépare le départ et l’itinéraire… Je tenterai de poster des articles depuis la montagne. Enfin, si le wifi nous suit jusque là.

Go Lance!
Jemphi is on the road agaaaain…

Un lundi sous le signe d’un nouveau départ.
Ce matin, Jess a repris le travail, Emma le chemin de l’école, après une semaine de classes vertes, et moi… Je ne sais pas encore trop quelle direction.
Je n’avais plus été seul depuis ma sortie de clinique et cette première journée d’ermite se clôturera par un rendez-vous chez mon médecin. Mes radiographies de la semaine dernière ont délivré leur secret et j’en connaîtrai les détails ce soir.
Je reste inquiet, même si je ne m’attends clairement pas à de bonnes nouvelles.  Sans chimio depuis 3 mois, plus d’IRM ni PetScan depuis janvier, et une ouverture dans l’abdomen qui a révélé de mauvaises choses, ça craint un peu.

Inquiet pour ce soir, je reste cependant confiant pour la suite.
L’été approche et je compte profiter de chaque moment qui me sera offert, ou plutôt, que je me serai imposé. Finalement, j’ai envie de faire un trait sur ces bilans médicaux et faire confiance à mon corps et mon esprit. Tant que je me sens bien et capable de jouir de journées extraordinaires, ce sera ça de gagné sur la vie.
Ce sera VIVRE!

Bien entendu, je continue à faire confiance à mon équipe médicale, et je poursuivrai les traitements proposés.  Mais il est grand temps que le mental prenne une dimension encore plus grande, que l’anxiété et les révélations des examens passent au second plan. Que la maladie progresse, se stabilise, ou régresse, il faut que mon esprit reste canalisé sur mon envie profonde de vivre.
Diminuer les stress oxydants et continuer à vivre dans le plaisir.
Je le sais, cette maladie déteste le besoin de vivre, les rires, la joie, le bonheur intense, l’amour, les encouragements, la combativité… Et je ne veux plus lui faire aucun cadeau.

Régulièrement, je m’interroge sur la manière dont je pourrais remercier tous mes alliés.  Toutes ces personnes qui m’aident, me soutiennent, m’encouragent et croient en ma guérison. Tous ceux qui, chaque jour, dans le courant de leur journée, ont une pensée pour moi, pour Jess, pour Emma, ceux-là mêmes qui nous apportent une force inestimable.
Eh oui, au lieu de simplement penser à moi, il m’arrive de me tracasser de tout ce que je chamboule dans le quotidien des autres et de tout ce que je devrais donner en retour.

Mais parfois, je crois que le meilleur moyen de remercier, est simplement d’accepter ce que l’on nous offre.
Profiter de ce cadeau, qui peut-être, un jour, nous permettra d’aider, à son tour, un proche dans le besoin.

Ce matin, je songe à nouveau à ce bel hommage offert par mes collègues lors du Télévie.
J’accueille ce présent avec émotion, cet encouragement m’emplit de force et je me promets, une fois encore, que je garderai le cap.

Merci à Bernard Yerlès, pour sa lecture et son gentil message personnel.

Pay it Forward” le film à découvrir…

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