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Cela mérite d’être signalé, la semaine écoulée a été exemplaire.
Malgré ma cure de chimiothérapie, je me suis rendu 4 fois au fitness pour suivre le cours de spinning. Je n’ai pas ressenti de douleurs cette semaine et contrairement à ce que démontrent mes prises de sang, mon foie me donne l’impression de mieux se porter.
Le week-end dernier, je lisais un article relatif à l’activité cardio-training et l’atténuation des effets secondaires causés par les traitements de chimio. En résumé, il démontrait que maintenir une activité physique durant les traitements améliore la vitalité, la force musculaire, les capacités aérobies et, surtout, atténue la fatigue due à la chimiothérapie.
Il ne m’en fallait pas plus pour me motiver et devenir mon propre cobaye!
Les instructeurs du cours de spinning auront donc vu ma trogne chaque matin. Etrangement, je me suis étonné de retrouver assez vite un bon rythme, me sentant chaque jour meilleur sur le vélo et capable d’augmenter la vitesse de pédalage ainsi que la résistance. Bon, rien d’extraordinaire et digne d’un exploit, mais une amélioration personnelle qui m’a fait du bien au mental.
Comme d’hab, l’équipement top niveau : cuissard compression ergonomique avec peau de chamois double épaisseur sans couture, t-shirt technique offrant une seconde peau et permettant une évacuation optimale de la transpiration, chaussettes de cycliste moulées aux orteils grande respirabilité, bidon SIGG hi-tech en alu léger sans soudure, chaussures à clips… Et mollets reluisants. Hé hé, ça le fait de se sentir pro! Je fus presque étonné des absences de Johan Museeuw et Tom Boonen dans le cours collectif.
En tout cas, la motivation et la satisfaction après séance étaient au rendez-vous.
Mon but avoué était double. Améliorer ma condition et me prouver que je pouvais tenir la distance dans cette nouvelle discipline mais surtout tenter d’éviter le K.O. annoncé après mes 14 jours de cure.
La période qui suit la fin de mes cures est devenue la plus rude, nausées, affaiblissement général et épuisement. Ce souci de me sentir si anéanti me pèse.
Ma semaine a été bouclée avec brio (avec qui ??), j’ai profité de mes matinées de forme et de mes après-midi de repos obligatoire, mes nuits de sommeil étaient meilleures et mon week-end en famille reposant et finalisé avec de bonnes crêpes au citron. Oui, je sais, spécial mais délicieux.
Ces efforts physiques vont-ils payer et me permettre de mieux traverser l’après-chimiothérapie?
On verra, mais j’ai profité du mieux que je le pouvais.
Hier, lundi, c’était mon dernier jour de chimiothérapie. J’étais pas vraiment en forme, nausées et très fatigué. Ma sortie à vélo de dimanche avait probablement complété mon petit KO physique. Début de soirée, je me suis effondré dans le fauteuil, incapable de garder les yeux ouverts. Comme d’habitude dans ces périodes de traitement, je dors moins bien et malgré ma fatigue, ma nuit a été parsemée de périodes d’insomnie.
Ce mardi, je me sentais un peu moins fatigué, je profite du soleil, j’enfourche mon engin thérapeutique full carbone pour un tour en campagne flamande.
J’ai vite compris ! Mes jambes avaient plutôt envie de me faire faux bond et de rester dans le sofa devant la télé. Bref je n’avais pas beaucoup de jus cet après-midi et mes médicaments provoquent une sécheresse très ennuyante de la muqueuse nasale et buccale. Pas super pour respirer dans l’effort!
Je me suis forcé, j’ai peiné, mais de retour à la maison, je sens directement le bienfait que me procure ce petit trip.
Sur le vélo, c’est dans les moments où je me force physiquement, où je surpasse ma douleur, que j’améliore ma condition, ma résistance. Facile à dire, mais quand je suis épuisé sur ma selle, je m’esquinte et je maudis l’idée qui m’a pris de quitter la maison.
L’objectif n’est pas uniquement d’être meilleur sur les pédales. Je sens, en effet, depuis le début de la maladie que le sport me permet de tenir la distance, supporter les traitements, mieux récupérer, et sortir la tête de l’eau quand le moral ne suit pas.
L’effort sportif est aussi une jauge parfaite de l’état de mon corps. Lors d’une séance de fitness, il y a quelques mois, il m’est arrivé de me sentir si faible que je ne pouvais même plus soulever 5 kilos. Je terminais ma séance exténué, mais surtout déprimé de mon état. C’était un peu ridicule car qui aurait pu jouir d’une forme irréprochable après des séances de chimiothérapie !?
Par contre, quelques semaines plus tard, ces mêmes sessions d’entrainement me permettaient de constater que mon organisme et mes muscles reprenaient le dessus. Je rentrais à la maison, cette fois, satisfait de mon petit défi.
Pour mon combat contre le cancer, je sais que l’activité physique m’est essentielle. Même si certains jours j’ai le sentiment de tout recommencer à zéro, comme si je n’avais jamais pratiqué de sport, je tente de me réjouir du minimum : Je peux me balader, pédaler, faire des abdos ou soulever quelques poids, il n’y a pas de performance à la clé, juste le plaisir de pratiquer et de maudire ce crabe.
Départ à vélo ce dimanche avec mon frère.











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