Cela faisait plusieurs années que je souffrais de douleurs au ventre.  Les premiers souvenirs de ces souffrances remontent à un voyage au Maroc, j’avais d’ailleurs mis ça sur le compte du «all inclusive» et des nombreux cocktails fruités ingurgités chaque jour.

Je suis sportif, je mange sainement, ne fume jamais et consomme rarement de l’alcool.

Août 2008, à 37 ans je vis l’horreur de ma vie : J’ai un cancer!

L’annonce d’un cancer se prend comme un coup de poing dans la ‘gueule’ et nous donne le sentiment que la vie va s’arrêter, que l’avenir s’éclipse.
Pourtant dès cette annonce, une pensée me traverse l’esprit : “T’as un cancer Jemphi, tu vas te soigner, tu vas guérir, tu reviendras plus fort mentalement et fier de ta guérison… “ .  Je me suis senti convaincu de m’en sortir.

Malheureusement, je ne savais pas encore que cette crasse s’était attaquée à mon abdomen et mon foie.  Je ne su que plus tard l’étendue des métastases.
Régulièrement d’ailleurs lorsque je me sens moralement faible, je tente de me replonger dans ce sentiment de certitude de guérison qui m’avait envahi.

Quelques semaines plus tard, après de nombreux examens, mon diagnostic s’éclaircit.  Je suis atteint d’un cancer du pancréas.  Un carcinome endocrine pancréatique avec métastases ganglionnaires et hépatiques, plus communément appelé tumeur neuro-endocrine du pancréas.

Rapidement, je tente de m’accrocher au positif : J’échappe à l’Adeno Carcinome qui atteint près de 90% des cancers du pancréas et dont le pronostic vital est très faible, ma tumeur semble disposer d’une vitesse de reproduction assez lente, les médecins peuvent se donner plusieurs pistes de traitement.
Mon cancer paraît néanmoins complexe à traiter au vu des différentes solutions de traitements, de la « rareté » de ma tumeur, de mon âge.

La maladie et ses menaces me font rapidement vivre des moments difficiles d’abattement mêlés de sentiments de révolte, d’angoisse, de tristesse, d’injustice.
Je réfléchis, tente de me poser et me convaincs de prendre cette maladie comme un défi, une épreuve, la surmonter, me battre et en tirer le maximum de bénéfices.  J’entame un travail thérapeutique sur moi-même afin de ne plus nourrir cette crasse qui a grandi en moi.
Mon cancer devra me servir à mieux vivre !

Très vite également je ressens des émotions nouvelles et peut-être négligées: Des pulsions violentes d’envies de vivre, des besoins de nouveaux objectifs personnels… Je retrouve les bonheurs simples de ma vie quotidienne et j’en profite.

Les mois passent, un premier traitement expérimental, puis six mois de chimiothérapie.  La maladie évolue, se stabilise puis reprend le dessus.  Je ne désespère pas et fais confiance à mes médecins.
Je suis encore là, je tiens le coup et je m’exalte des joies de ma vie.

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