Je laisse à mon épouse le soin de vous annoncer la nouvelle … elle sait aussi bien que moi …

Après toutes les embuches rencontrées depuis le début de mon combat, le seul et unique obstacle que je n’avais jamais envisagé, c’est que les clichés rendus par les examens cliniques si fréquents ne soient pas en concordance avec la triste réalité … et pourtant, il faut se rendre à l’évidence : en m’ouvrant l’abdomen ce matin, les chirurgiens n’ont pu que constater l’ampleur des dégâts. La maladie a progressé bien plus qu’initialement supposé, me rendant totalement et définitivement inopérable …

Me voici donc remonté dans ma chambre plus rapidement que prévu, en colère, sans tuyaux dans le nez, oui, mais tellement, tellement déçu de ce dernier revirement ! Je suis à nu, au propre comme au figuré, le ventre ouvert sur plus de 25 cm, sans qu’on aie pu m’arracher l’ennemi. Pourquoi moi ? pourquoi encore ? Je sais que je ne peux pas me fier à mes émotions ce mercredi, elles sont amplifiées par toutes les substances qui ont envahi mon corps depuis ce matin. Néanmoins, je suis bien capable d’éprouver une immense tristesse et un profond découragement. Je me dis que c’était ma dernière carte, et que la partie est terminée …

Quelle vie de merde !

Personne n’a le droit de prétendre le contraire, au moins pour aujourd’hui !