Ca y est.
Me voilà aux Soins Intensifs.
« Réveillé » comme ils disent.
En bonne et due forme : grelotant des résidus de l’anesthésiant, plongé que je suis dans une semi-conscience … La morphine m’honore à nouveau de ses effets, je peste des yeux contre ce tuyau dans la gorge qui m’empêche de prononcer l’une ou l’autre phrase approximative, et je m’assure encore et encore que l’intervention s’est bien déroulée.
« Ah bon ? j’avais déjà posé la question ? » me surprendrai-je à penser vaguement. Et je reçois une fois encore la douce confirmation que tout s’est passé comme prévu. Je suis ému ; une partie de l’adversaire a succombé.
Mais à quoi bon lutter, je semble tiraillé entre l’envie atrophiée de partager mon soulagement (mêlé d’une pointe d’agacement, tout de même), et le désir irrépressible de m’engouffrer un peu plus dans ce repos artificiel que m’offre le magique stupéfiant.
Je renonce finalement à articuler et me laisse emporter par le sommeil du juste.
Enfin, c’est ce que dit ma femme !
Je me suis proposé de lui faire confiance : ce 16 février elle a kidnappé mon blog pour s’immiscer dans mes pensées l’espace d’un soir …











4 commentaires
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17 février 2010 à 14:00
Cath
Vous ne faites qu’un !! Et écrivez de la même façon, avec la même superbe plume !! Même si physiquement, l’heure n’est pas encore à la fête, je suis soulagée et contente que tout ce soit bien passé. Il y avait longtemps que je n’avais plus passé toute une après-midi avec mon téléphone en main, en attendant de tes nouvelles. Merci à ta charmante et super belle et hyper parfaite épouse pour ce très joli “post” !
17 février 2010 à 17:43
Denis & Christophe
YOUPPIES… en voilà une très bonne nouvelle… Bises à vous trois de nous deux
17 février 2010 à 20:19
De Bock - Berger
Cher Jemphi,
Tous nos voeux de rétablissement et de courage, dont tu sembles ne pas manquer. Combien de temps dois-tu rester à l’hôpital?
Si besoin n’hésite pas à nous appeler (0478887334)
Robert et Jeanette
22 février 2010 à 22:12
Ingrid Lapraille
Ce que vous devez partager est d’une intensité rare… j’en viens presqu’à me dire que cette expérience réveillerait plus d’un “mort-vivant”. Vous savez, ces personnes qui vivent côte à côte, au bord de la vie et de l’être, sans jamais oser s’aimer vraiment.
Votre témoignage est unique, bouleversant, joyeux, plein de la merveilleuse effronterie du bonheur qui se joue des catastrophes.
Je suis profondément touchée, tout en vibrant d’espoir si je devais être à votre place.
Ce que vous faites est une leçon de vie pour la race humaine, et pour ça, je vous dis merci, et je vous envoie tout ce qu’il y a de plus positif au monde, j’en suis persuadée depuis que je le vis pleinement. Pour moi, c’est ce qui suit, c’est ma devise, et il me semble que vous l’illustrez à la perfection: ” Le miracle, c’est accepter de laisser l’infinité des possibles se produire, et je crois au miracle”
amitiés sincères
Ingrid