Ca y est.

 Me voilà aux Soins Intensifs.

 « Réveillé » comme ils disent.

 En bonne et due forme : grelotant des résidus de l’anesthésiant, plongé que je suis dans une semi-conscience … La morphine m’honore à nouveau de ses effets, je peste des yeux contre ce tuyau dans la gorge qui m’empêche de prononcer l’une ou l’autre phrase approximative, et je m’assure encore et encore que l’intervention s’est bien déroulée.

« Ah bon ? j’avais déjà posé la question ? » me surprendrai-je à penser vaguement. Et je reçois une fois encore la douce confirmation que tout s’est passé comme prévu. Je suis ému ; une partie de l’adversaire a succombé.

Mais à quoi bon lutter, je semble tiraillé entre l’envie atrophiée de partager mon soulagement (mêlé d’une pointe d’agacement, tout de même), et le désir irrépressible de m’engouffrer un peu plus dans ce repos artificiel que m’offre le magique stupéfiant.

Je renonce finalement à articuler et me laisse emporter par le sommeil du juste.

Enfin, c’est ce que dit ma femme !

Je me suis proposé de lui faire confiance : ce 16 février elle a kidnappé mon blog pour s’immiscer dans mes pensées l’espace d’un soir …