C’est compliqué parfois de retrouver le courage de se battre.
Le poids de la maladie, les contraintes des traitements, la dépendance au milieu médical… tous ces facteurs pèsent sur le quotidien.
La semaine dernière, ces remous d’émotions m’ont fait perdre pied. Alors, la déception a fait place à une envie soudaine de tout plaquer. Par peur certainement, crainte de ne pas être capable de m’en sortir, de ne pas être en mesure de rassembler des facteurs Chance nécessaires, d’être maudit par les événements.
Je m’étais tellement préparé à cette intervention chirurgicale, que son annulation a été un choc profond. J’étais confiant et sûr de mon choix, mais au fond de moi, le stress était énorme. Je me suis rendu compte de sa présence imposante après avoir raccroché le téléphone, suite à l’annonce de mon médecin.
Je me suis alors écroulé comme au début de la maladie. Toute cette pression devait sortir de mon corps, ce fut un effondrement physique pendant un peu plus d’une journée.
Se battre, devoir faire face au pire, à l’injustice, à la trouille… Et toujours devoir se relever. Parfois, cela fatigue et, soudain, j’ai eu le sentiment de ne plus en être capable.
Tous les mots et encouragements résonnent alors dans le vide. Je me sens seul, parce que la maladie, c’est à moi qu’elle s’attaque. Bien entendu, je suis admirablement soutenu, mais la conclusion est toujours identique : c’est un combat solitaire.
Au coucher, pendant la nuit, au réveil, en voiture, sur mon vélo, sous ma douche… je suis seul face à mon cancer.
Heureusement, j’ai appris que le doute me construit et me rend plus fort. J’en conclus que cette nouvelle expérience négative me permettra de gagner en combativité, que ma maladie, en me jouant des coups tordus, me permet de mieux lutter.
Ce fut facile, ces derniers mois, de rédiger mes envies de victoire, mes espoirs de guérison, mes moments de joie et de réussite. C’est beaucoup plus compliqué de décrire et partager sa peur, sa détresse et ses échecs. Ces extraits là, généralement, je les gardais pour mes textes personnels. Mais voilà, les malades le savent, ces moments pénibles font aussi partie de la bataille et méritent d’être exprimés.
Pour les suites de mon traitement, je réunis, apparemment, les conditions me permettant de remporter une nouvelle intervention chirurgicale.
En attendant d’attaquer la tumeur du pancréas, je subirai une thoracotomie afin d’extraire les ganglions situés derrière l’aorte.
Intervention compliquée et douloureuse, selon le chirurgien. Finalement pourquoi pourrais-je faire simple !
L’opération est programmée pour le mardi 16 février, et la chirurgie du pancréas (Whipple) reste envisageable mais ultérieurement.
En espérant pouvoir garder, enfin, le planning prévu, et passer à l’offensive.











4 commentaires
Flux de commentaires pour cet article
10 février 2010 à 14:16
Danièle
Coucou Jemphi,
Chaque jour je suis en admiration quant à ton courage et à ta détermination !
C’est à chaque fois une leçon qui nous fait sentir tout petit face à nos maux si anodins !
Continue à te battre !!
Je t’embrasse
Danièle du Marketing
10 février 2010 à 21:41
Cath
“Danielle du marketing” a raison !! Ton courage et ta détermination nous font sentir ridicules face a nos maux si anodins… Ton email annonçant la parution de ce nouveau texte sur ton blog est arrive au bon milieu d’une crise, et cette fois, c’est toi qui me soutient et m’apprendra a me relever… Merci !!
PS tes nouvelles baskets te vont super bien !!
11 février 2010 à 00:39
Vinz
Salut Jean-Phi,
ton sang froid et ton courage me laissent sans voix.
Essaye de garder le cap et sache que lorsque tes pensées s’égarent et que le doute t’envahit, en de nombreux endroits en Belgique et ailleurs nous pensons à toi!
Tes petites blagues nous manquent chez RTL!
Garde la foi en toi!
10 mars 2010 à 15:04
Kathleen
Great stuff. lecapdelavie.com rocks.