Hier, c’était une mauvaise journée!
En cause: Jess a une horrible conjonctivite qui la fait souffrir et un troisième rendez-vous chez l’ophtalmo, un courrier de la mutuelle, un temps de chiottes, l’approche de mon hospitalisation pour replacer un stent dans le foie, le poids de certaines injustices dues à la maladie et une odeur horriblement pestilentielle sortant des égouts et envahissant toute la maison.
Vous le croirez ou non, mais ce simple désagrément dans la maison a fait déborder le vase dans lequel je tente d’écouler les emmerdements qui ont la fâcheuse tendance à me gâcher la journée. C’en était trop pour un mercredi pluvieux!
Et puis, vint l’heure de me rendre à la clinique pour mes examens hebdomadaires. Je suis accueilli cette semaine par une infirmière que je n’ai jamais vue. La quarantaine, cheveux bruns, une voix douce… et une blouse blanche (ben oui!). Comme souvent, elle me pose des questions sur mes examens, constate que je suis en chimiothérapie et m’interroge sur mon cancer. J’entame les explications, elle relance les questions… et soudain, mon stress s’amenuise, lui parler m’apaise, je reprends conscience de ma maladie.
Le cancer me fait relativiser, si ce n’est pas le comble ça!
Je reprends la route de mon “mercredi foireux”, beaucoup moins énervé et surtout impatient des résultats de mes enzymes hépatiques. J’étais motivé pour faire mes prises de sang, cette semaine.
Je devrais même dire, curieux.
Depuis la semaine passée et mon programme d’entraînement, j’avais le sentiment que mon foie présentait moins de réticence à filtrer les produits chimiques et les inconvénients du traitement. Comme si j’avais créé une réaction en chaîne.
Et si, brusquement, les taux d’inflammation de mon foie avaient disparus?
Bon, je l’avoue, cette idée avait germé dans mon esprit dimanche après-midi. Ce serait étrange, mais cela signifierait que je ne dois plus subir cette fichue intervention aux voies biliaires.
Une heure après ma prise de sang, je téléphone à l’assistant de mon médecin en vue de récolter les résultats. Manque de chance, il est absent et reprendra contact avec moi dès demain. Mon petit espoir reste dans un coin de ma tête pour une nuit encore.
Ce matin, alors que je termine (quand même péniblement) trente minutes de vélo, je consulte mes e-mails sur mon téléphone:
“Bonjour, … Vos enzymes hépatiques ont bien diminué!!”
Le double point d’exclamation prend toute son importance. Je prends ma douche, sors du centre fitness et plonge dans la voiture. J’attrape mon téléphone, appelle mon docteur et lui lance d’un ton plein de fierté :
“Mes enzymes ont, paraît-il, bien diminué.
-Et je suppose que vous vous demandez si l’intervention a encore lieu d’être, me rétorque le médecin.
Elles ont baissé spontanément et presque à la normale. J’ai supprimé votre rendez-vous pour l’intervention médicale”
J’adore ces moments de fierté que m’offrent de petites victoires!!
Ok, ok, je radote et le récit est, sans doute, un peu long pour de simples examens sanguins. Mais ce coup de pouce de mes enzymes est une belle et étrange réussite qui me donne du courage, de l’énergie et de la croyance en mes forces. Sentir son corps réagir et en comprendre, de plus en plus souvent, son fonctionnement est une étrange sensation, une satisfaction profonde.
Je suis en plein milieu de ma semaine de récupération de chimio et je me sens plutôt bien. Mon programme des dernières semaines porte ses fruits, j’ai le sentiment de rattraper les rennes de ma vie. Si cette crasse de cancer tient encore le destin de ma vie entre ses mains, je compte bien lui arracher un jour dans un de ses moments de faiblesse.
Ah oui, pour ceux qui se tracassent de l’odeur qui avait infesté la maison… Un gros rat a décidé de mettre fin à ses jours dans un ancien conduit d’égouttage de la maison. Cela explique l’odeur de putréfaction qui s’échappait de notre chape de béton. Vous le croyez, vous? Moi j’ai eu du mal, mais notre gentil voisin, expert en spéléologie de tubulure, a retrouvé le tuyau et le cadavre.
R.I.P., gros rat puant.











1 commentaire
Flux de commentaires pour cet article
3 décembre 2009 à 18:46
Fred
Forza Jemphi !