Il est 16 heures, la salle du -1H1 de Saint Luc est comble.
Il n’y a rien à faire, je ne m’habituerai jamais au stress de cette attente.
C’est compliqué de décrire ce que je ressens et ce que je crains le plus lors de ces rendez-vous avec mon médecin. Sur la route vers la clinique, déjà, mes tripes commencent à se tordre, ma gorge s’assèche, des bouffées de chaleur m’envahissent. Je recherche mon souffle, la pointe de mes oreilles brûle.
Souvent, j’imagine mon docteur m’annoncer la meilleure des nouvelles :
“C’est incroyable, je suis bluffé!
On a du relire vos scanners à plusieurs reprises.
Vos métastases ont disparu et votre tumeur a diminué de moitié. L’activité de vos cellules cancéreuses est au plus bas.
Vous êtes en train de vous en sortir de manière extraordinaire.”
Malheureusement, le scénario catastrophe tient également sa place dans mes pensées. La peur d’être atteint aux poumons, aux os, au cerveau… Mon cancer qui pourrait gagner du terrain, un cauchemar avec lequel je dois vivre au quotidien.
Ce vendredi, les premiers mots du médecin sont destinés à faire tomber la pression: “Bon, ce sont des bonnes nouvelles aujourd’hui!”. Mon état de stress devait être palpable.
Je suis incapable de décrire la force de soulagement de ces premières paroles. La tension générée par ces bilans est d’une telle intensité que ce changement d’émotion me plonge, dès lors, dans un état proche de l’inconscience, incapable d’assimiler correctement les explications supplémentaires et le détail du diagnostic. Cela résonne comme un écho dans ma tête “les résultats sont bons, les résultats sont bons, les résultats… “. Heureusement que Jess est présente.
Mon état est resté stable durant ces deux derniers mois. Une majorité de métastases ainsi que ma tumeur ont légèrement diminué de volume. Une baisse d’activité des cellules est également remarquée.
Je me sens plus soulagé que heureux. Difficile à comprendre, je sais!
Le diagnostic encourageant du mois de septembre m’avait apporté tellement de bonheur que je craignais de devoir subir un nouveau revers. Le style de baffe que vous assène la maladie après vous avoir offert un répit et de l’espoir.
Avec un peu de recul, cette deuxième victoire est sans doute encore plus importante. Je me convaincs que ce n’est pas le cancer qui m’offre un répit, mais moi qui ai arraché une victoire.
La bagarre continue et je poursuis ma chimiothérapie jusque fin janvier.
>> La page sur mes traitements et le suivi de mes bilans actuels











4 commentaires
Flux de commentaires pour cet article
22 novembre 2009 à 23:34
Cath
(encore Cath !!) Pas à pas, de petites victoires en petites victoires, vers la guérison certaine, celle qui est au bout du chemin, sans AUCUN doute, celle qu’on attend tous, avec autant d’impatience que toi mais aussi avec toute la force nécessaire, tout le soutien dont tu auras encore besoin pour t’y porter, pour t’accompagner vers elle. On est là, ne l’oublie JAMAIS et appuie toi autant que tu le désires sur nous, on est la POUR TOI, POUR TOUJOURS.
23 novembre 2009 à 21:02
papa
Salut J PHI et bonjour à toutes ces personnes qui te soutiennent,par
l’intermédiaire de ton blog.
Je ne connais pas cette CATH (encore elle!!!) mais en lisant tout ce qu’elle
t’as déjà écrit,elle pourrait faire partie de ta famille,être ta soeur par
exemple!!! faudrait que maman et Nicolas bien sur soient d’accord.
Allez trêve de plaisanteries.
Je suppose que cela doit te faire plaisir de lire,dans la rubrique COMMENT
les quelques lignes qui y sont inscrites.Tous ces soutiens,ces
encouragements,ces accompagnements que l’on peut y trouver,bien sur
que ta famille te les souhaite aussi.Le seul avantage que l’on a,nous ta
famille,sur toutes ces personnes,c’est que nous sommes plus proches de
toi,que l’on peut être à tes côtés quand nous le souhaitons,se rendre
compte des durs,mauvais et bons moments par lesquels tu passes.
Puisque tu es dans une spirale positive,une période meilleure dans ton
combat,je vais me permettre,moi,ton papa,par l’intermédiaire de ton blog,
de remercier toutes ces personnes,dont la plupart me sont inconnues,du
soutien,des encouragements,des mots,des phrases,qu’elles te font
parvenir et qui réchauffent ton coeur,le nôtre et qui nous donnent un coup
de fouet.Cela restera gravé à tout jamais en nous.
Encore une fois MERCI à toutes ces personnes et à toi,bon courage pour
la suite des évènements.Et comme le disait une certaine personne de la
radio tv”nous savons que nous pouvons compter sur toi” BISOUS
23 novembre 2009 à 21:27
Jemphi
Merci P’pa.
Le soutien, c’est ce qui me sauve.
23 novembre 2009 à 21:17
Delphine
“Je me convaincs que ce n’est pas le cancer qui m’offre un répit, mais moi qui ai arraché une victoire”.
J’adore cette phrase… c’est toi qui est au volant sur le chemin de la vie ! Bravo ! Ta confiance, ton optimisme, ta lutte… nous poussent à plus d’humilité!
Je t’envoi toute l’énergie, le courage et la patience nécessaire via le pont de lumière qui nous relie à ton combat! FORZA