Sainte Maxime, 17h15.

Il est de ces livres que l’on n’a pas envie de terminer, que l’on prend son temps de lire.
Ce fut le cas pour l’ouvrage de Laurent Fignon que je viens de refermer.
J’ai pris le temps nécessaire pour le savourer, d’abord parce que la lecture me fatigue encore très vite, ensuite parce que ce témoignage m’évadait dans la vie d’un grand champion et dans les coulisses du monde du cyclisme.
J’ai pris tellement de plaisir à parcourir le récit de cette époque que j’ai fait une pause d’une semaine dans ma lecture afin de pouvoir l’achever, ici, au bord de la piscine à Sainte Maxime.

Le raccourci serait aisé, Fignon vient de révéler son cancer des voies digestives et rien que pour cette raison, je pourrais soudainement m’intéresser à sa vie passée de cycliste.
Pourtant ce coureur, j’ai surtout appris à l’apprécier dans son rôle de consultant.  Passionné, franc, réactif, drôle mais aussi fin analyste des tactiques, Fignon avait même réussi ces dernières années à me faire zapper les retransmissions belges du Tour de France pour suivre la course sur France Télévisions.

De passage chez RTL pour la présentation de son bouquin, des collègues fort bien attentionnés ont eu la fabuleuse idée de lui demander une dédicace à mon attention.

« Amical souvenir et bon courage, il ne faut jamais rien lâcher ! Laurent Fignon »

Waouh, j’ose avouer que la lecture de ces mots m’avait envahi d’un frisson d’émotion.fignonlaurent
L’intelligence et la hargne de ce grand sportif, livré malheureusement au même combat que le mien, me donne du courage.
J’aime imaginer, comme un gosse, que nous courrons dorénavant dans la même équipe.  La chasse aux métastases, les examens médicaux, la douleur, les malaises font notre quotidien commun.  Il est mon compagnon imaginaire d’échappée, je suis son ‘gregario’, fidèle porteur de bidons qui ne manque pas une leçon pour apprendre comment lutter et souffrir pour gagner…  Ce scénario chimérique m’amuse dans les moments difficiles !

Je n’ai pas pu m’empêcher d’analyser avec étonnement les lignes de son livre, écrit bien avant son diagnostic.

De nombreuses citations et récits me marquent l’esprit, preuve une fois de plus que mon combat pour la vie peut être assimilé à un exploit sportif.  La hargne de cet athlète solitaire, sa rage de victoire, de revanche et de fierté enracinées au plus profond de son être ne peuvent qu’être porteur d’espoir et d’exemple à suivre dans une bagarre contre la maladie.
C’est en tout cas ce que m’apporte ce témoignage.

« La passion est toujours supérieure au pessimisme » écrit Laurent Fignon dans le dernier chapitre de son livre.
J’ai toujours pris mon combat comme un énorme défi, je suis passionné par la vie que j’ai à gagner et j’y crois toujours autant.

“Nous étions jeunes et insouciants”, Laurent Fignon, Editions Grasset